Une revalorisation attendue pour 100 000 pros de l’aide à domicile
Depuis le 1er juin 2026, les avenants 75 et 76 de la branche de l’aide à domicile sont enfin agréés et appliqués dans les services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) du secteur associatif. Ces textes changent concrètement la rémunération d’environ 100 000 professionnels, dont de très nombreuses auxiliaires de vie.
L’avenant 75 revoit à la hausse toutes les grilles salariales de la branche. Selon les estimations communiquées par le ministère de la Santé et plusieurs fédérations, cette revalorisation représente en moyenne au moins 63 € bruts de plus par mois, parfois jusqu’à 80 € pour les salariés les plus mobiles. L’objectif affiché est clair : mieux reconnaître les métiers de l’aide à domicile et lutter contre le « tassement » des grilles entre débutants et salariés expérimentés.
Indemnité kilométrique : de 0,38 à 0,40 €/km
L’avenant 76 touche un point particulièrement sensible pour les auxiliaires de vie : les frais de déplacement. L’indemnité kilométrique versée lorsqu’un professionnel utilise sa voiture personnelle passe de 0,38 € à 0,40 € par kilomètre. Cela peut paraître peu, mais pour celles et ceux qui enchaînent les visites au domicile des personnes âgées ou en situation de handicap, la différence se voit sur le mois.
Cette hausse intervient dans un contexte de prix du carburant durablement élevés. Les partenaires sociaux rappellent que, sans cette revalorisation, une partie des frais restait à la charge des salariés. Pour certains départements, une aide spécifique existe aussi pour les « grands rouleurs », c’est-à-dire les travailleurs qui parcourent beaucoup de kilomètres chaque année pour aller travailler.
Le gouvernement détaille d’ailleurs le dispositif d’aide à la mobilité pour les professionnels de l’aide à domicile sur son site : tout savoir sur l’aide financière mobilité.
Un coup de pouce bienvenu pour les auxiliaires de vie
Pour les auxiliaires de vie des SAAD, ces avenants apportent un double bénéfice :
- un salaire de base revalorisé, avec des grilles revues à la hausse pour tous les niveaux de qualification ;
- une meilleure prise en compte des déplacements, à la fois via l’indemnité kilométrique et, dans certaines structures, la reconnaissance améliorée des temps de trajet comme temps de travail.
Concrètement, cela signifie un peu plus de revenu chaque mois, et une reconnaissance plus juste du temps passé sur la route pour aller d’un domicile à l’autre. Pour un grand nombre de professionnelles, souvent à temps partiel subi et avec des amplitudes de journée très larges, ce progrès est loin d’être symbolique.
Mais des tensions fortes sur le financement
Derrière ces avancées, une question reste très sensible : qui paye ? Le coût total de la revalorisation est estimé à environ 145 millions d’euros par an pour le secteur. Les départements, qui financent largement l’aide à domicile via l’APA et la PCH, s’inquiètent de devoir absorber cette dépense sans garantie complète de compensation par l’État.
La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) doit compenser une partie des surcoûts, mais plusieurs départements jugent cette compensation insuffisante. Certains alertent déjà sur le risque de :
- hausse des tarifs des SAAD,
- et donc d’augmentation du reste à charge pour les personnes âgées et les personnes handicapées accompagnées.
Les auxiliaires de vie se retrouvent ainsi au cœur d’un équilibre fragile : mieux payées et mieux reconnues, mais dans un secteur toujours sous tension budgétaire. Les prochains mois diront si cette revalorisation 2026 sera un véritable tournant pour l’attractivité du métier, ou si les difficultés de financement viendront freiner cette dynamique.