Le carburant met les aides à domicile sous pression
En Haute-Saône, une vingtaine d’aides à domicile de l’ADMR se sont mises en grève les 22 et 23 septembre. Elles voulaient alerter sur leurs difficultés financières et demander une meilleure prise en charge des déplacements professionnels.
Dans ce département rural, les interventions sont souvent éloignées les unes des autres. Les professionnelles passent donc une grande partie de leur journée sur la route, avec leur propre véhicule. La hausse du prix du carburant pèse directement sur leur budget.
« On mange ou on roule » : cette formule résume l’inquiétude exprimée par plusieurs salariées. Certaines expliquent devoir choisir entre continuer à accepter des heures de travail et limiter leurs dépenses personnelles.
Une indemnité jugée insuffisante
Depuis avril, l’ADMR de Haute-Saône verse 0,44 euro par kilomètre, contre 0,42 euro auparavant. Cette hausse représente environ 20 à 30 euros supplémentaires par mois pour une salariée parcourant entre 1 000 et 1 500 kilomètres.
Mais, pour les grévistes, cette revalorisation ne suffit pas à compenser l’augmentation du carburant et l’usure du véhicule. Elles demandent une indemnité de 1 euro par kilomètre professionnel, ainsi qu’une prime carburant immédiate.
Les salariées réclament également un salaire minimum de 15 euros net de l’heure et une revalorisation durable de la grille salariale. Leur mouvement est présenté comme reconductible.
Des aides publiques renforcées, mais encore des questions
Le gouvernement a annoncé le renouvellement et le doublement de l’aide destinée aux travailleurs qui utilisent leur voiture pour travailler. Elle doit atteindre 100 euros pour la période d’octobre à décembre 2026.
Les aides à domicile doivent pouvoir accéder à ce dispositif grâce à une règle adaptée : les kilomètres réalisés pendant la journée de travail pourront être pris en compte, dès lors qu’elles parcourent au moins 30 kilomètres par jour. Les modalités pratiques et les justificatifs nécessaires doivent toutefois être précisés.
Ces annonces apportent un soutien ponctuel, mais elles ne règlent pas la question de fond. Pour les professionnelles, le coût des déplacements reste directement lié à leur activité. Elles demandent donc une indemnisation suffisamment élevée pour pouvoir continuer à intervenir auprès des personnes âgées ou fragiles sans travailler à perte.