Les auxiliaires de vie alertent sur le coût des déplacements

Les auxiliaires de vie alertent sur le coût des déplacements
Partager l'article
Partagez cette publication sur :
Résumé de l'article : Dans l’Indre, un auxiliaire de vie témoigne de l’impact de la hausse des carburants sur un salaire déjà faible et un emploi à temps partiel. Son témoignage illustre les difficultés rencontrées par les professionnels qui enchaînent les domiciles avec leur véhicule personnel. Pour le secteur, la hausse des frais de déplacement fragilise le maintien à domicile et renforce les demandes de meilleure indemnisation.

Dans un article signé par La Nouvelle République, intitulé « C’est devenu intenable », Philippe témoigne de la précarité des auxiliaires de vie dans l’Indre. Le journal présente son témoignage et décrit les conséquences de la hausse des prix des carburants sur un métier indispensable au maintien à domicile.

Un salaire déjà faible, fortement diminué par les trajets

Auxiliaire de vie près de La Châtre, Philippe travaille à temps partiel et perçoit environ 1 180 euros par mois. Avec cette somme, il doit payer son logement, ses dépenses courantes et les déplacements nécessaires à son activité. La hausse du prix de l’essence et du gazole réduit directement son pouvoir d’achat. Il explique qu’il ne parvient plus à se nourrir correctement sans l’aide d’associations comme les Restos du cœur et le Secours populaire.

Son travail consiste à intervenir chez plusieurs personnes au cours d’une même journée. Il aide notamment à la toilette, au lever, à l’habillage, à la préparation des repas et à l’entretien courant. Il peut aussi rappeler les traitements préparés par les infirmiers. Entre le matin, le midi et le soir, les interventions s’enchaînent et nécessitent de nombreux déplacements.

La voiture personnelle, un outil de travail coûteux

Dans les zones rurales, les domiciles sont souvent éloignés les uns des autres et les transports en commun ne permettent pas toujours de rejoindre les bénéficiaires. La voiture personnelle devient donc indispensable. Pourtant, son coût ne se limite pas au carburant : l’auxiliaire doit également payer l’assurance, l’entretien, les réparations, les pneus et la perte de valeur du véhicule.

Les temps de trajet entre deux interventions ne sont pas toujours suffisamment rémunérés ou indemnisés. Lorsque les kilomètres augmentent, le salaire réellement disponible peut fortement diminuer. Cette situation fragilise particulièrement les professionnels à temps partiel, dont les revenus sont déjà modestes.

Un problème qui menace le maintien à domicile

Les difficultés rencontrées par Philippe ne sont pas isolées. De nombreux professionnels de l’aide à domicile signalent que les frais de déplacement rendent leur emploi de moins en moins viable. Certains refusent des missions trop éloignées, réduisent leur activité ou renoncent à renouveler leur contrat.

Cette crise touche aussi les personnes aidées. Si les employeurs peinent à recruter et à conserver leurs salariés, les interventions risquent de devenir moins fréquentes ou plus difficiles à organiser. Les personnes âgées, malades ou en situation de handicap pourraient alors perdre une aide essentielle et être davantage exposées à l’isolement ou à une entrée en établissement.

Des demandes pour une indemnisation plus juste

Les professionnels et les structures du secteur demandent une meilleure prise en charge des déplacements. L’indemnité kilométrique doit couvrir plus précisément le coût réel de l’utilisation d’un véhicule. Elle concerne notamment les dépenses de carburant, mais aussi l’entretien et l’usure de la voiture.

Des mesures de soutien ont été annoncées, dont une revalorisation de l’indemnité kilométrique dans la branche de l’aide à domicile, passée de 0,38 à 0,40 euro par kilomètre selon les informations disponibles. Une aide forfaitaire de 100 euros destinée à certains grands rouleurs peut également s’appliquer sous conditions. Pour les salariés, ces dispositifs représentent un soutien utile, mais ils ne règlent pas entièrement le problème lorsque les revenus restent faibles et que les distances sont importantes.

La situation appelle donc une réponse durable. Mieux indemniser les trajets permettrait de protéger les auxiliaires de vie, de rendre le métier plus attractif et de garantir la continuité de l’aide à domicile. Derrière la question du carburant se joue ainsi la possibilité, pour de nombreuses personnes fragiles, de continuer à vivre chez elles dans de bonnes conditions.


Partager l'article
Partagez cette publication sur :
Bannière de présentation Payelo.ioBannière 2 illustration Payelo.io

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *